Nicolas Sarkozy est arrivé à Kinshasa pour une visite de quelques heures
27 mars 2009Le président français, Nicolas Sarkozy est bel et bien arrivé ce jeudi à Kinshasa par l’aéroport international de Ndjili. Le chef de l’Etat français qui est accompagné par une forte délégation ministérielle et parlementaire, ainsi que des investisseurs a été accueilli par le premier ministre Adolphe Muzito.
Il est arrivé au Palais de la Nation vers 10 h 30. Le président Sarkozy et sa délégation sont accueillis par des élèves et des personnes réunis devant le mausolée de feu président Laurent Désiré Kabila. Exécution des hymnes nationaux, passage des troupes en revue. Le président Joseph Kabila est venu lui-même accueillir la délégation à l’entrée principale du Palais de la Nation. Puis, c’est le tête à tête entre les deux chefs d’Etat et la visite du mausolée. Nicolas Sarkozy s’est rendu ensuite au Palais du Peuple où il a prononcé un discours devant les sénateurs et les députés réunis dans la salle de Congrès du Palais du Peuple. C’est en présence du Chef de l’Etat Joseph Kabila, du premier ministre Adolphe Muzito, des membres du gouvernement, ainsi que des ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques.
Plusieurs axes ont été abordés dans ce discours, notamment la démocratie, la sécurité et la coopération régionale, l’économie et la francophonie. Le président français a d’abord salué la jeune démocratie congolaise, le processus de la décentralisation à travers les parlements provinciaux. Mais cette démocratie ne doit pas se résumer aux élections. « Pour nous qui sommes les élus du peuple, c’est le devoir de rendre des comptes à ceux qui nous ont élus. Ils nous ont donné une obligation de résultats », soutient Mr Sarkozy.
Du point de vue de la sécurité régionale, le n° 1 français a salué le courage du président congolais qui a invité le Rwanda à mener des opérations militaires en la RDC pour traquer les FDLR. Cependant, l’hôte de Joseph Kabila veut y voir des prémices d’une véritable refondation de toute la région. Il plaide pour une coopération structurée. Pourquoi ne pas donner un nouvel élan à ce qui existe déjà ? , s’interroge-t-il. L’accent est mis sur des projets qui fédèrent telle que la Communauté économique des pays de Grands-Lacs, CEPGL, où l’on peut retrouver des offres des perspectives prometteuses entre la RDC, le Burundi, le Rwanda et d’autres pays voisins comme le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda en travaillant ensemble pour structurer les filières agricoles et commerciales. Il insiste que la souveraineté de la RDC reste inaliénable. La France s’engage aussi à aider et à effacer le fardeau de la dette congolaise. Néanmoins, précise-t-il, la RDC doit, à son tour, répondre aux exigences du FMI qui n’expriment rien d’autre qu’une gestion saine. Enfin, un accord de protection des investissements a été conclu entre les deux pays. Sur le plan de la francophonie, Mr Sarkozy souhaite voir la RDC organiser le Sommet de la Francophonie en 20012. Aussi, a-t-il annoncé q’une enveloppe de 5 millions d’euros sera dégagée pour développer le réseau des 16 Alliances françaises sur l’ensemble du territoire congolais.
Le chef de l’Etat a été touché les coeurs des Congolais quand il a déclaré : « Vous avez trop souffert, nous ne pouvons plus l’accepter, car vos douleurs sont les nôtres. Votre souveraineté ne peut plus être bafouée, car elle le fut trop souvent. Vos richesses ne peuvent plus être exploitées dans la grande illégalité. La division ne doit plus vous opposer ».
Un discours qui a suscité beaucoup de réactions positives que ce soit du côté de l’opposition ou de la majorité présidentielle. Ce discours dit de cœur est bien accueilli même en dehors de l’hémicycle par la population venue pour entendre ce que devait dire le n° 1 français aux Congolais sur leur pays.
Que peut apporter cette visite du Président français à l’économie congolaise ?
Selon les chiffres les plus récents du service économique de l’ambassade de France à Kinshasa, les exportations françaises vers la RDC sont évaluées à 138 millions d’euro. Elles sont constituées de biens de consommations et d’équipement, de l’agroalimentaire, des produits chimiques et pharmaceutiques et des métaux. Alors que la RDC exporte vers la France du pétrole, et des produits agricoles et du bois pour 103 millions d’euro, estime la même source.
Les investisseurs qui accompagnent le président Sarkozy veulent intensifier ces échanges. Areva, leader mondial de l’énergie nucléaire tient à exploiter l’uranium de Tshinkolobwe. Total est très intéressé par le pétrole du lac Albert. Le groupe Boolloré est attiré par le développement des infrastructures maritimes. Alstom veut prendre en charge le ferroviaire. EADS, l’avionnaire européen veut moderniser les choses dans le ciel congolais. France Télécom veut se tailler une place dans le marché du mobile congolais. Pour promouvoir ces investissements, il faudra une administration qui accompagne les investissements, une organisation moderne et une main d’oeuvre qualifiée. Des atouts qui manquent encore pour l’instant au marché congolais



