
Ok-Jazz, African-Jazz, African-Fiesta Ryco-Jazz, Begen-Band, Bantu-Jazz, Cercul-Jazz, Nzoy, Mando-Negro, Negro-Band, Negro-Succès, Les Maquisards, Pool Malebo Ochestra, Afrizan, Sosoliso, Cepakos ; la liste n’est pas exhaustive. C’est en tout cas, au rythme de la Rumba que tous ces renommés groupes musicaux ont fait danser des milliers d’africains à Léopoldville, actuel Kinshasa et à Brazzaville, les deux Capitales les plus rapprochées au monde. Pour rappel,
cette musique congolaise est dès sa naissance en Afrique sub-saharienne, ce qu’est la musique cubaine en Amérique latine. Elle s’identifie à cette dernière dans ses nombreuses caractéristiques et appellations, tout particulièrement dans et par la « RUMBA ». Une déformation hispanique de NKUMBA, la danse Kongo signifiant « la danse du nombril contre nombril » popularisée en Amérique Latine et surtout à Cuba par les esclaves originaires du royaume Kongo. Les artistes congolais sont certainement les premiers en Afrique au Sud du Sahara à reconnaître leurs parents « expatriés » de force dans toute l’Amérique et ses îles en se réappropriant cette partie de leur culture certes métissée.
La tournée africaine dans les années 20, de Louis Armstrong, cette autre grande figure de la musique noire hissée au même rang que d’autres grandes musiques mondiales comme la musique classique, le Jazz, marqua à jamais la musique congolaise. Le Jazz, encore un nom qui d’après les chercheurs est issu d’une déformation cette fois-ci volontaire du terme Kongo : NZAMBI qui signifie la Force invisible. Comme il fut interdit aux esclaves noirs de continuer à pratiquer leur religion, la chanson, et donc, tout naturellement, la musique était leur seul moyen de contourner les interdits qui leur furent imposés par les esclavagistes. Les années 40-50 marquent une rupture entre l’ancienne mode de musique congolaise ayant la « Sanza » ou « Likembé » comme instrument de base et la mode naissante impulsée par Paul Kamba baptisée la « musique congolaise moderne ».
L’introduction de la guitare acoustique, puis électrique et l’apport de tous les autres instruments modernes actuels hissent la musique congolaise au top des hits parades dans toute l’Afrique sub-saharienne. La musique congolaise devient la référence en Afrique comme l’est la musique cubaine en Amérique latine et dans les Antilles.
La relation intime intrinsèque entre la musique congolaise et cubaine est si forte, que les musiciens de deux écoles font le va et vient, se produisent pour donner naissance à une dynamique : la musique afro-cubaine. Actuellement à Kinshasa, le Ndombolo, le Kwasakwasa et autres styles ont du mal à enterrer définitivement la Rumba. La Rumba qui a reçu un nouveau souffle grâce aux artistes de la Chanson dite chrétienne, très nostalgiques de ce style musical, patrimoine de la République Démocratique du Congo.
Fabien LUMBALA