Le monde évolue, la dot aussi
Mercredi 30 avril 2008Elle existe depuis très longtemps. La dot demeure ancrée dans les us et coutumes congolaises. Elle occupe une place de choix dans la société, dans les différentes tribus, dans les ethnies. Elle diffère d’une tribu à une autre c’est sûr. Et elle a un côté sacré. Mais au départ, elle consistait essentiellement à compenser la ” perte subie ” par la belle-famille. Le jeune homme offrait des services avant de cohabiter avec la jeune fille. Selon les contrées, le soupirant défrichait un champ, ouvrait un étang, construisait une hutte ou encore se livrait à quelques activités pour le compte de ses beaux-parents. Jauger la capacité du jeune homme à prendre soin de son futur foyer était la finalité première de cette dot-là.
L’on s’accorde aussi à reconnaître son caractère symbolique.
Actuellement, la dot a été désacralisée et ne conserve plus rien de la coutume qui l’a générée. Le changement se remarque dans sa forme et dans sa finalité. Les casiers de bières ont remplacé les calebasses de vin de palme, le costume du beau-père et le wax de la belle-mère figurent en bonne place sur la liste en plus des biens matériels comme le sucre, la lampe Coleman, le vélo, etc, modernité oblige.
Notre sujet d’inquiétude, c’est la recherche effrénée du lucre qui transparaît dans la dot actuelle. Nous en voulons pour preuve la fameuse liste ou facture qui s’allonge indéfiniment à la dimension de la cupidité de la belle-famille. La beauté de la jeune fille et son niveau d’études sont pris en compte dans l’élaboration de cette facture. Chaque membre de la belle-famille se croit investi du pouvoir d’insérer sur la liste l’objet de sa prédilection. Les deux camps étalent alors au grand jour leurs divergences lors de la discussion qui précèdent la remise de la dot. Satisfaire les besoins matériel et financier semble être l’objectif de cette dot.
Remy NGAMBA









