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Incendie de "Mama Poto" : le gouvernement apporte son soutien au promoteur et au personnel
lundi 8 février 2010

La désolation et l’émotion ont été à leur comble, la boulangerie Upak à Kinshasa/Ngiri-Ngiri a connu un sinistre sérieux dans la nuit de vendredi 5 jusque le samedi 6 février. Un incendie grave s’est déclaré dans le grand dépôt de farine, grand dépôt construit il y a à peine environ six mois. Conséquence : un stock de farine de trois mois pour cette usine de panification qui utilise 1000 sacs de farine/jour, et le matériel destiné à la modernisation et à l’extension de l’usine sont partis en fumée, volatilisés. Arrivé sur le lieu du sinistre samedi 6 février vers 16 heures, le ministre de l’industrie, Simon Mboso, a pris la mesure de l’étendue des dégâts. Attristé, le numéro 1 de l’industrie a apporté à la haute direction et au personnel de l’Upak le réconfort moral et le soutien du gouvernement dans cette dure épreuve.

En compagnie du directeur général de l’Upak, M. Luis, le ministre Mboso a visité le grand dépôt en question où des sacs de farine brûlaient encore , certes ,avec moins d’intensité. L’incendie encore vivace a été circoncis et partiellement maîtrisé, les sapeurs pompiers étaient maîtres de la situation, mais encore loin de terminer totalement le travail commencé la veille. La chaleur dégagée et l’odeur de brûlé n’ont pas permis au ministre de rester longtemps dans le dépôt sinistré où les sapeurs pompiers continuaient à lutter contre le feu. Profitant de son passage, Simon Mboso a échangé longuement avec le directeur général de l’Upak. A cette occasion, celui-ci fera savoir au ministre qu’une enquête était ouverte pour déterminer la cause de l’incendie.

" L’Upak est aujourd’hui un des fleurons de l’industrie congolaise. Après la disparition de Qvo Vadis, l’Upak est une industrie vitale comme nous en parlons dans le projet de loi en discussion à l’Assemblée nationale. Après la Cilu fin 2008, l’Upak vient d’avoir un grave accident qui a détruit une grande partie de son nouveau dépôt financé en partie par le Fonds de promotion de l’industrie.Un incendie qui a détruit un stock de farine de trois mois de travail et une bonne partie du matériel pour la modernisation et l’extension de cette usine. C’est donc une nouvelle triste. Et c’est pour cela que je suis là , au nom du gouvernement, pour encourager le promoteur,les travailleurs,les techniciens et la direction de cette entreprise de rester courageux dans cette épreuve et de poursuivre leurs efforts pour continuer la modernisation de cette grande usine de panification. Nous serons à côté d’eux pour les accompagner ", ainsi s’est exprimé le ministre Mboso abordé par la presse.

Pour le ministre, il revient aux responsables de l’entreprise d’évaluer l’importance des dégâts et de l’appui dont ils ont besoin pour relancer leur activité. " Peut être qu’ils auront d’autres solutions en interne ou par l’appui de leur banque. S’il s’avère que par un dossier bien documenté, un appui du gouvernement est nécessaire nous allons examiner leurs doléances ". La disparition de trois mois de stock de farine et d’une grande partie du matériel pour la modernisation, cofinancé par le Fonds de promotion de l’industrie, donc par l’activité du gouvernement, ne peut laisser Simon Mboso indifférent. " Il est clair que cet accident va perturber quelque peu le marché d’approvisionnement du pain qui est un aliment de base dans notre pays. Par ailleurs, l’industrie alimentaire dont fait partie cette usine est une des priorités de la politique industrielle de notre pays. C’est donc pour moi un moment de grande tristesse après ce que nous avons connu dans le même genre à la Cimenterie de Lukala ".

Profitant de l’occasion, le ministre a évoqué l’initiative du gouvernement qui a déposé un projet de loi à l’Assemblée nationale portant mesures de sauvegarde de l’industrie nationale en péril. " Ce projet de loi a été fortement amélioré en commission à l’Assemblée Nationale, en collaboration avec mon ministère. Aujourd’hui c’est une industrie qui a bénéficié d’un contrat programme, qui est frappée par les circonstances,…Il y a des mesures prévues par ce projet de loi pour pouvoir aider les entreprises en péril de sortir de cette situation. Ce projet prévoit que l’Etat intervienne avec des facilités fiscales, non fiscales, tarifaires, voire même des subventions en vue d’aider les entreprises qui pour des causes exogènes peuvent se retrouver en situation de péril. Ici, il s’agit d’une cause exogène, un incendie, comme n’importe quelle calamité ".Toutefois, le ministre s’est réjoui que l’incendie s’est arrêté à temps. Ainsi, l’ancienne usine n’est pas touchée et continue à produire. Le problème urgent est de reconstituer le stock de farine. Il reste aussi au promoteur de réunir de nouveaux fonds pour réhabiliter la nouvelle usine. Le programme de modernisation va connaître un retard. L’usine qui utilise 1000 sacs/jour aujourd’hui devait passer à 2000 sacs/jours. Et au ministre de souligner que Upak est une usine vitale dont dépend une grande partie de la ville de Kinshasa, le Bas-Congo et une partie du Bandundu pour son alimentation journalière. C’est une activité qui fait vivre beaucoup de familles, de distributeurs,… " Les mamans qui vendent du pain ici chaque jour, c’est grâce à cette vente qu’elles peuvent nourrir leurs enfants et les envoyer à l’école, peuvent les faire soigner. C’est donc une chaîne importante qui va souffrir d’un arrêt ou un ralentissement momentané des activités de cette usine...Il s’agit d’une industrie prioritaire que nous devons soutenir".

Une enquête a été ouverte

Face à cet incendie qui a ravagé une partie de ses installations industrielles, l’Upak se donne le temps de faire aboutir toutes les démarches et enquêtes susceptibles de démontrer la cause ou l’origine exacte de cet incendie déplorable.

Cet incendie à l’usine Upak remet à jour la question de la dotation de la ville de Kinshasa d’un service anti-incendie capable d’intervenir efficacement pour limiter des dégâts en cas de sinistre. Les destructions causées sur le bâtiment de cette usine auraient été moindres si la capitale disposait d’un dispositif moderne du service anti-incendie. Ce n’est pas le cas malheureusement.

Rombaut Ot./Didier Munsala (L’Observateur)

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